Le covoiturage urbain, popularisé par des services comme UberPool, présente une alternative séduisante aux trajets individuels classiques, notamment pour les professionnels du transport. L'idée est simple : partager son véhicule avec d'autres passagers allant dans la même direction afin de réduire les coûts pour tous. Cependant, derrière cette promesse d'optimisation se cache une réalité plus nuancée, où le temps constitue une monnaie précieuse pour les conducteurs. Cet article examine les véritables économies réalisables et les compromis en termes de temps de trajet, essentiels à considérer pour les convoyeurs et VTC en France.
Les promesses d'UberPool et l'avantage économique
Mis en service pour la première fois en 2014 aux États-Unis, puis progressivement étendu, UberPool (ou ses équivalents comme UberX Share) propose des tarifs jusqu'à 30 % inférieurs à ceux d'un trajet UberX classique. Cette réduction est rendue possible par la mutualisation des coûts : le prix de la course est divisé entre les différents passagers. Pour un conducteur professionnel, cela signifie une potentielle augmentation du nombre de courses sur une période donnée et, par extension, un chiffre d'affaires potentiellement plus élevé par heure d'activité si les trajets s'enchaînent efficacement.
Du point de vue du passager, l'économie est directe et transparente. Pour un trajet effectué à Paris, par exemple, un UberPool pourrait coûter 8 euros là où un UberX coûterait 11 ou 12 euros. Ces économies, bien que modestes à l'unité, deviennent significatives pour des déplacements réguliers ou sur de longues distances. Le modèle repose sur un algorithme sophistiqué qui optimise les détours et la prise en charge de passagers supplémentaires, en tentant de minimiser l'allongement du temps de parcours.
Pour les chauffeurs VTC et convoyeurs, l'accès à une clientèle potentiellement plus large est un atout. Les tarifs réduits peuvent inciter des utilisateurs à opter pour UberPool qui n'auraient pas nécessairement choisi un service VTC plus cher. Cela peut aider à combler les périodes creuses ou à augmenter le taux d'occupation du véhicule, un indicateur crucial pour la rentabilité.
Le revers de la médaille : le temps, un coût caché
Si les économies sont tangibles, le principal inconvénient des trajets partagés réside dans l'allongement du temps de trajet. Pour le passager comme pour le conducteur, la course inclut des détours pour prendre et déposer d'autres passagers. En moyenne, un trajet UberPool peut augmenter la durée du parcours de 10 à 25 % par rapport à un trajet direct. Dans certaines situations de forte densité de trafic ou avec de multiples détours, cet allongement peut même être plus significatif.
Pour les professionnels de la route, le temps, c'est de l'argent. Chaque minute passée sur la route pour un détour non rémunérateur au même titre qu'un trajet direct représente un coût d'opportunité. Un chauffeur VTC qui réalise N courses en mode partagé pourrait potentiellement en réaliser N+1 ou N+2 en mode individuel sur la même période de temps, avec un revenu unitaire plus élevé pour ces dernières. L'équation devient donc : [gain par trajet partagé] vs [perte de potentiel sur d'autres courses].
De plus, la planification des trajets partagés par l'application peut parfois être imparfaite et ne pas toujours optimiser au mieux la succession des prises en charge et des déposes, notamment dans les zones où la demande est très fluctuante. Cela peut générer de la frustration pour les conducteurs et une perception de